
« Vous... vous ne l'avez pas nourri ? Si, mais elle n'a jamais mangé les corps. »
TARA
Taranna • La Passerelle des Ténèbres
L'Anomalie Rédemptrice








Qui est Tara ?
L'histoire de Tara commence dans les ténèbres absolues d'une cellule en Gaule, il y a plus de deux mille ans. Marcus, alors centurion romain chassant les créatures, captura une goule, l'une de ces créatures nécrophages qui hantent les cimetières et se nourrissent de cadavres. Mais cette goule était différente. Marcus le pressentait.
Il demanda aux gardes de l'enfermer et de la nourrir avec les cadavres des batailles. Puis il partit pour une année entière. Ce qui se passa ensuite défie tout ce que l'on sait des goules.
Pendant un an, la créature resta dans sa cellule sans jamais manger les corps qu'on lui apportait. Chaque matin, elle disait bonjour aux gardes. Quand Marcus revint, les gardes étaient perplexes : "Si, mais elle n'a jamais mangé les corps." La goule était devenue difforme, frêle, faible par la faim, mais elle sourit en voyant Marcus.
Marcus voulut comprendre. Il plaça devant elle deux assiettes : une livre de porc et une livre de chair humaine. Sans hésitation, elle se jeta sur le porc. Quand Marcus lui tendit l'assiette de chair humaine, elle refusa : "Non, moi pas manger ça."
Interrogée, elle révéla son secret : "Petit garçon protéger. Pas manger. Manger garçon... mal." Cette goule avait protégé un enfant humain. Elle avait choisi de ne pas dévorer les humains, même au prix d'une faim dévorante. L'anomalie.
Marcus comprit qu'il ne chassait pas un monstre, mais quelque chose d'unique. Cette goule n'avait pas de nom. Marcus décida de lui en donner un : Taranna, d'après le dieu gaulois Tarannis. Mais la créature ne put prononcer que "Tar...a". Marcus se résigna : "Très bien, ce sera Tara."
Au fil des siècles, Tara évolua. Les goules ne sont pas ce que les légendes décrivent. Elles appartiennent en réalité à une race ancienne et oubliée : les Hinns, des djinns de la terre. Les Ifrits régnaient sur le feu, les Marids sur l'eau, les Nayafs sur l'air, et les Hinns sur la terre. Mais les Hinns furent massacrés, leur race presque éteinte, et les survivants dégénérèrent en goules.
Tara accomplit ce que l'on croyait impossible : elle muta. À force de refuser sa nature de goule, de choisir l'humanité plutôt que la monstruosité, elle redevint ce que sa race avait été avant la chute. "Je ne suis plus une goule, même si j'en garde certaines capacités. Je suis une hinn. Un être pacifique."
Mais cette transformation ne fut ni complète ni totale. Tara reste à jamais marquée. Elle possède encore des yeux rouges luisants avec des pupilles fendues, comme celles d'un chat. Elle garde une vision nyctalope parfaite. Elle peut observer depuis les ombres, invisible, se fondant dans les ténèbres. Elle conserve le poison de goule, un venin mortel dans ses griffes et ses crocs.
Physiquement, Tara incarne une beauté troublante. En forme humaine, elle est magnifique, cheveux noirs cascadant sur ses épaules, portant des bracelets d'argent, vêtue avec élégance (tailleur Versace, sac Gucci). Mais ses yeux rouges trahissent immédiatement sa nature non-humaine. En forme goule, elle devient terrifiante : peau grise et craquelée, crocs acérés, griffes noires.
La relation entre Marcus et Tara dépasse celle de créateur et créature. Marcus fut celui qui lui donna un nom, une chance, une raison de devenir autre chose. Pour lui, Tara est "sa passerelle avec le monde des ténèbres", celle qui comprend les créatures mieux que quiconque.
Cette proximité provoque la méfiance et la colère de certains Vénators. Comment faire confiance à une créature dont la nature même est la tromperie ? Comment croire qu'elle ne retournera pas un jour à ce qu'elle était ?
Mais Marcus défend Tara avec une conviction absolue. Pour lui, l'humanité ne réside pas dans l'espèce, mais dans les choix. Et Tara a choisi de protéger plutôt que de dévorer, de résister à sa faim plutôt que d'y céder.
Le combat de Tara est permanent. Chaque jour, elle doit choisir de rester dans la lumière. Chaque jour, elle entend les murmures de sa nature primitive. Elle porte le fardeau d'être mi-goule, mi-hinn, coincée entre deux mondes.
Elle sait ce que les autres pensent d'elle. Elle voit les regards méfiants. Mais elle continue, parce qu'il y a deux mille ans, dans une cellule sombre en Gaule, un homme lui a donné un nom. Et avec ce nom est venue une possibilité : le choix d'être autre chose.
Mais quelle place occupe-t-elle vraiment dans la vie de Marcus ? Et quel rôle jouera-t-elle dans les événements qui vont bouleverser le monde des Vénators ?
