« Peccata vestra devoram... et omnia secreta revelabo. »
« Je dévore vos péchés… et révélerai tous les secrets. »
SEBASTIAN MARAZZO
Le Mangeur de Péchés
Descendant d'Apollon
Qui est Sebastian Marazzo ?
Sebastian Marazzo, surnommé "Le Mangeur de Péchés", est l'un des êtres les plus rares et les plus précieux du Corpus Kassotis. Ce jeune homme d'une trentaine d'années, cheveux noirs et regard intense, porte une soutane noire et un col romain blanc — non par vocation religieuse, mais parce qu'il est considéré comme un être sacré.
Car Sebastian n'est pas un prêtre ordinaire. Il est un descendant direct d'Apollon, dieu de la prophétie, de la guérison, de la lumière et de la purification. Ce sang divin lui confère un don unique et terrible : la capacité de dévorer les péchés, les maladies et les poisons pour en révéler l'origine à travers des visions prophétiques.
Le titre de "Mangeur de Péchés" se transmet de parent à enfant, mais au prix d'une sélection brutale et impitoyable. La mère de Sebastian, elle-même Mangeuse de Péchés, eut huit enfants. Sebastian fut le seul à survivre. Pour déterminer qui hérite du don, on injecte aux enfants des maladies, des poisons et autres substances mortelles. Ils survivent ou ils meurent. C'est tout.
"On survit ou on meurt. Ces maladies ou autres substances nous donnent des visions sur leurs origines. Si on survit à tout et que l'on a des visions, alors on devient le prochain mangeur de péchés."
Ses sept frères et sœurs périrent durant ce processus de sélection. Sebastian, lui, survécut à tout — aux poisons, aux maladies, aux substances les plus mortelles. Mais survivre ne signifie pas être épargné. Il subit tous les symptômes. La douleur. L'agonie. La mort elle-même, parfois. Son ancêtre Apollon lui accorde la résistance, mais pas l'immunité à la souffrance.
Quand Marcus demande la présence de Sebastian à Fribourg-en-Brisgau, c'est par jet privé depuis Rome que le Corpus l'envoie. Car son don est irremplaçable. Il peut identifier la nature exacte de n'importe quelle créature, maladie ou malédiction simplement en l'ingérant ou en se la faisant injecter.
Face à l'œuf de Lamashtu — cette masse noire qui tuait tous ceux qui la touchaient — Sebastian trempa un morceau de pain dedans et le porta à sa bouche. Ses yeux se révulsèrent immédiatement. Il tomba en arrière, hurlant de douleur, son corps se contorsionnant dans tous les sens, de l'écume sortant de sa bouche. Pendant dix minutes, il agonisa.
Puis il se releva et déclara simplement : "La vache, j'ai rarement dégusté comme ça. Il s'agit d'un œuf de Lamashtu. Son moyen de passage pour venir sur terre. Normal qu'il tue tout le monde. Seul Gregor peut le manipuler à main nue. Une belle saloperie."
Quand on lui injecta le sang de Calypso pour comprendre sa transformation, Sebastian mourut. Littéralement. Du sang coula de tous ses orifices. Son cœur s'arrêta. Les machines confirmèrent : aucun battement cardiaque. Calypso crut l'avoir tué. Mais Heinrich resta calme : "Si d'ici dix minutes il ne revient pas, alors il sera mort."
Sebastian ressuscita. Et avec cette résurrection vint la connaissance totale. "J'ai tout vu, Calypso." Il révéla que sa mère était devenue Vénator durant sa grossesse, que son dieu protecteur était Hypnos avec le pouvoir de Thanatos. Il révéla même que sa mère n'était pas morte dans un accident de voiture, mais avait été tuée — bien qu'il ne pût voir clairement par quoi.
Car tel est le fardeau du Mangeur de Péchés : il voit les vérités cachées, les secrets enfouis, les mensonges qui protègent. Et il les révèle, que les gens veuillent les entendre ou non.
Mais Sebastian n'est pas qu'un oracle souffrant. Il possède un humour corrosif et une attitude décontractée qui exaspère autant qu'elle amuse. Habillé d'une soutane qu'on l'oblige à porter, il plaisante constamment, drague les secrétaires, et lance des piques à Frigga qu'il appelle "Friggie" — ce qui lui vaut régulièrement des menaces de corrections.
"Je ne suis pas un curé, bon sang !" proteste-t-il régulièrement. Car Sebastian n'a aucune vocation religieuse. Il est juste coincé dans un rôle que son sang lui impose, protégé dans un univers de prêtres et de nonnes parce qu'il représente quelque chose de sacré pour le Corpus Kassotis.
Après avoir agonisé en testant l'œuf de Lamashtu, Marcus lui suggère de se reposer avant le test suivant. Sebastian refuse : "Non. Ce qui est fait n'est plus à faire. Et après, je pourrais aller draguer les secrétaires. Je dois assurer la lignée, après tout."
Car c'est là un autre fardeau : Sebastian doit assurer la lignée. Avoir des enfants. Les soumettre au même processus de sélection brutal qui tua ses frères et sœurs. Regarder peut-être ses propres enfants mourir les uns après les autres jusqu'à ce qu'un seul survive. Et recommencer le cycle.
"Il devient de plus en plus dur de trouver des mangeurs de péchés à cause de la dissolution du sang", explique-t-il. Le sang d'Apollon s'affaiblit avec les générations. Bientôt, il n'y aura peut-être plus de Mangeurs de Péchés du tout.
Mais pour l'instant, Sebastian demeure. Bavard d'ordinaire, capable de silence lourd quand la situation l'exige. Souriant face à la mort, agonisant pour révéler la vérité. Ressuscitant encore et encore, portant le fardeau de voir ce que personne d'autre ne peut voir.
"Je dévore vos péchés… et révélerai tous les secrets." Ce n'est pas une menace. C'est une promesse. Car Sebastian Marazzo, le Mangeur de Péchés, dernier descendant d'Apollon capable d'exercer ce don terrible, continue de servir le Corpus Kassotis au prix de souffrances indicibles — toujours avec un sourire en coin et une blague inappropriée aux lèvres.