« Custodes Veritatis, Observatores Tenebrae »
Gardiens de la Vérité, Observateurs des Ténèbres
Le Corpus Kassotis n'est pas une simple organisation. C'est la mémoire vivante de l'humanité face aux ténèbres, la bibliothèque secrète où s'accumulent quatre millénaires de connaissances sur les créatures qui hantent notre monde.
Contrairement à ce que beaucoup croient, le Corpus n'est pas une armée de chasseurs. Ce sont des observateurs, des scribes, des gardiens du savoir. Ils documentent, coordonnent, préservent. Ils réunissent sorciers, chamans, prêtres et érudits de toutes les traditions. Ils fournissent aux Vénators les ressources, les connaissances, les refuges et parfois — quand nécessaire — leur propre puissance mystique.
« Nous ne chassons pas les monstres. Nous veillons à ce que ceux qui les chassent ne soient jamais seuls, jamais ignorants, jamais oubliés. »
— Devise inscrite dans la Pierre de Fondation, Delphes
Leur nom même — Kassotis — évoque la source sacrée de Delphes où la Pythie se purifiait avant de prophétiser. Mais ce nom ne fut adopté que bien plus tard. Avant, ils avaient d'autres noms, dans d'autres langues. Avant encore, ils n'avaient pas de nom du tout.
Tout commence dans les plaines de Sumer, berceau de l'écriture et des premières civilisations. À Uruk, cité-État florissante sur les rives de l'Euphrate, règne un roi-guerrier dont les exploits sont chantés dans toute la Mésopotamie : Gilgamesh, le roi semi-divin, celui qui a vaincu Humbaba, celui qui a refusé la déesse Ishtar.
Mais un jour, Gilgamesh tombe. Non pas au combat, non pas de vieillesse. Il est transformé. Quelque chose d'ancien, quelque chose de terrible s'empare de lui. Les scribes du temple d'Inanna assistent, impuissants, à sa métamorphose. Le roi-héros devient une abomination.
Ces scribes — Enlil-Nadin, grand prêtre d'Inanna ; Ninsun-Ashared, archiviste royal ; Dumuzi-Abzu, astronome du temple — comprennent que ce qu'ils ont vu ne doit pas être perdu. Ils gravent leurs observations sur des tablettes d'argile, décrivent les signes avant-coureurs, les symptômes, les rituels qui ont échoué.
« Nous avons vu le soleil se coucher sur la grandeur d'Uruk. Nous avons vu le roi que nous aimions devenir ce que nous craignions. Et nous savons que ce que nous avons vu, d'autres le verront encore. »
— Tablette UR-001, Archives Kassotis
Ils ne peuvent sauver Gilgamesh. Mais ils peuvent transmettre leur savoir. Ils se jurent que plus jamais l'humanité ne sera prise au dépourvu.
Les scribes sumériens entrent en contact avec les prêtres de Thot en Égypte. Les Égyptiens ont leurs propres récits de créatures — les dévoreurs d'âmes, les gardiens des portes, les démons du chaos. Un échange commence. Le savoir mésopotamien rejoint les papyrus égyptiens.
Les oracles de Delphes rapportent des visions troublantes. Des êtres anciens qui se réveillent. Des portails qui s'ouvrent. Les scribes établissent un sanctuaire sous le temple d'Apollon, là où coule la source Kassotis. C'est là que le Corpus prend véritablement racine en Europe.
Les routes commerciales permettent aux scribes de rencontrer les moines bouddhistes qui parlent de Rakshasas et de Nagas. En Chine, les érudits taoïstes partagent leurs connaissances sur les Jiangshi et les Yaoguai.
Sous l'Empire romain, le Corpus devient véritablement international. Les légions romaines ramènent des récits de toutes les provinces. Les scribes compilent, traduisent, organisent. La bibliothèque de Delphes devient le cœur d'un réseau qui s'étend de Britannia à la Perse.
Aujourd'hui, le Corpus Kassotis est organisé en plusieurs branches :
Le cœur du savoir. 3000+ ans de documents, grimoires, manuscrits. Gardé par des sorts de protection millénaires. Seuls les Vénators confirmés et les Archivistes peuvent y accéder.
Réseau mondial de veilleurs qui documentent les activités surnaturelles. Ils ne chassent pas. Ils observent, notent, transmettent.
Érudits, linguistes, traducteurs qui maintiennent et mettent à jour les bases de connaissances. Chaque nouvelle créature découverte, chaque nouveau rituel testé est documenté.
Sorciers, chamans, prêtres de diverses traditions qui fournissent une expertise magique aux Vénators sur le terrain. Ils ne combattent généralement pas, mais leurs conseils sauvent des vies.
Sanctuaires secrets répartis dans le monde entier où les Vénators peuvent se reposer, se soigner, consulter des archives locales.
Le Corpus et les Vénators sont indissociables, mais distincts. Les Vénators sont l'épée. Le Corpus est la bibliothèque, le refuge, la mémoire.
Certains Vénators deviennent des contributeurs majeurs aux Archives. Marcus a enrichi les sections sur le combat gladiateur et les rituels druidiques. Calypso a apporté un savoir immense sur les créatures et pratiques asiatiques. Taharqua est devenu une référence pour tout ce qui concerne l'Afrique et l'Égypte antique.
Mais le Corpus n'est pas dirigé par les Vénators. Il a sa propre hiérarchie, ses propres gardiens. Une collaboration, pas une subordination.
« Ils chassent dans la nuit. Nous gardons la lumière qui les guide. »
Au fil des siècles, des branches régionales se sont développées, chacune avec ses spécificités :
Corpus Alexandrinum (Égypte) : Spécialisé dans les textes gréco-égyptiens, les papyrus magiques, les rituels de l'Ancien Empire.
Corpus Romanum (Italie) : Archives des légions, dossiers sur les créatures méditerranéennes, correspondances impériales.
Corpus Sinensis (Chine) : Savoirs taoïstes, bouddhistes, confucéens. Techniques de combat orientales adaptées aux créatures.
Corpus Britannicum (Angleterre) : Traditions celtiques, druidiques, arthuriennes. Grimoires médiévaux.
Corpus Africanum (Kenya) : Traditions tribales, savoirs chamaniques, créatures endémiques.
« Depuis vingt-sept siècles, nous écrivons.
Chaque ligne tracée est un rempart contre l'oubli.
Chaque page préservée est une arme pour ceux qui viendront. »